Les maires des cinq plus grandes régions urbaines du Canada, à savoir Vancouver, Calgary, Winnipeg, Toronto et Montréal, se réuniront pendant deux jours en mai pour discuter de la situation actuelle des grandes villes au Canada. Aussi appelée rencontre du Groupe des cinq, cette réunion est l’idée de Jane Jacobs, auteure et spécialiste de renom en économie urbaine.
« Les villes canadiennes, et tout particulièrement les régions métropolitaines, génèrent la vaste majorité des richesses et de la vie culturelle du pays et sont, il n’y a aucun doute, la cheville ouvrière du Canada, affirme Madame Jacobs. Toutefois, le Canada n’offre pas un environnement propice à ce type de villes créatives et dynamiques qui sont cruciales à la vie au Canada. » Madame Jacobs, qui jouit d’une renommée internationale et qui compte à son actif plusieurs livres innovateurs sur les villes et l’économie, a vécu à Toronto pendant plus de 30 ans. « Je m’inquiète, dit-elle, de voir que les grandes villes canadiennes, qui sont dynamiques sur le plan économique, n’ont ni le pouvoir ni les ressources dont elles auront besoin pour faire face aux problèmes qui les attendent. »
C’est Madame Jacobs qui a demandé au maire de Winnipeg, Glen Murray, d’être l’hôte de la rencontre. « Jane Jacobs est une autorité pour quiconque œuvre dans le domaine de la vie urbaine. Le fait qu’elle consacre son énergie à cette rencontre du Groupe des cinq à Winnipeg est une preuve notoire de sa vision, explique le maire Murray. J’espère que nous saurons faire preuve d’audace et de fermeté, car nous nous devons d’habiliter les villes. Le temps est venu de concrétiser la notion de ‘ville à charte’. »
Madame Jacobs faisait partie du groupe des anciens maires et des universitaires que l’homme d’affaire torontois, Alan Broadbent, avait réunis pour rédiger le projet de charte de la région de Toronto, document qui demandait la dévolution de plus de pouvoirs fiscaux et politiques à la région de Toronto. Ce qui est convenu d’appeler le mouvement de « chartérisation » gagne en popularité partout au pays et est en train de susciter un intérêt renouvelé envers les villes et les politiques urbaines aux échelons hiérarchiques les plus élevés.
Le maire Murray et Madame Jacobs ont invité les maires Phillip Owen (Vancouver), Al Duerr (Calgary), Mel Lastman (Toronto) et Pierre Bourque (Montréal) à se joindre à eux à Winnipeg et à se faire accompagner d’une délégation se composant au maximum de quatre personnes de leur entourage.
« La récente crise budgétaire de Toronto souligne l’importance de cette rencontre, déclare le maire Lastman. Nous ne pouvons vraisemblablement pas continuer à financer les principales infrastructures urbaines au moyen des taxes foncières. Nous sommes en retard sur notre temps : l’Europe et les États-Unis font tout ce qu’ils peuvent pour aider leurs villes. Au Canada, il est impératif que les villes deviennent une priorité pour les ordres de gouvernement supérieurs. »
Le maire de Montréal, Pierre Bourque, partage les mêmes inquiétudes au sujet de l’avenir des villes. « Nous sommes la cheville ouvrière de l’économie nationale, dit-il. J’accueille donc favorablement cette occasion de rencontrer mes homologues afin de discuter de ce que nous pouvons faire ensemble pour renforcer notre capacité de soutenir la concurrence internationale. »
« Je suis tout à fait d’accord avec Jane Jacobs lorsqu’elle dit que la santé de l’économie nationale est tributaire des échanges économiques entre les villes, affirme Al Duerr, maire de Calgary. Les villes ont besoin de nouveaux partenariats avec les citoyens et les autres ordres de gouvernement, partenariats qui veilleraient à une meilleure affectation des ressources à l’ordre de gouvernement qui accomplit le travail et qui assure la prestation des services. »
Les régions urbaines du Canada ne partagent pas uniquement des possibilités économiques, mais aussi d’autres difficultés, particulièrement dans le domaine des politiques sociales. « La ville de Vancouver a consulté ses citoyens de façon très rigoureuse au moment du remplacement de ‘War on Drugs’ par une méthode à quatre piliers, à savoir prévention, application des lois, traitement et réduction des méfaits. La vague d’enthousiasme public qui s’en est suivie est très éloquente : la ville a le soutien de presque 90 % de ses citoyens, affirme le maire Phillip Owen.
« Ces villes sont le creuset de l’expérience canadienne, affirme Madame Jacobs. À nous cinq, nous hébergeons la majeure partie de la population canadienne et générons probablement les trois quarts du PIB du pays. L’an prochain, nous accueillerons presque un quart de million de nouveaux arrivants au Canada. L’expérience que les gens font du Canada dépend de plus en plus de la capacité des régions urbaines d’offrir un environnement vivable, viable et hospitalier. »
La rencontre du Groupe des cinq prendra place à l’historique Hôtel Fort Garry. La séance de clôture, qui sera ouverte aux médias, aura lieu le 25 mai.
Renseignements sur le Groupe des cinq : Mary W. Rowe, coordinatrice, (519) 372-1480